Retour sur les Trans Numériques 2026

Du 2 au 5 février 2026 à Rennes s'est tenue la première édition des Trans Numériques, colloque scientifique qui a réuni les communautés de 13 programmes de recherche soutenus par le plan France 2030 pour explorer les enjeux du continuum numérique : performance, robustesse, sécurité, frugalité et impact sociétal. L'évènement a rassemblé plus de 1000 participant.es.

Aujourd’hui le numérique est partout : santé, agriculture, gestion des risques ou encore intelligence artificielle. Il ne connaît plus de frontières disciplinaires et les enjeux du continuum numérique sont largement partagés, qu’il s’agisse de systèmes, de réseaux ou de cloud. Derrière cet évènement inédit, une ambition : construire une souveraineté numérique française.

Initié par le PEPR Cloud et porté par Inria, l'évènement a mobilisé 13 programmes de recherche : AgroEcoNum (Agroécologie et Numérique), Cloud, eNSEMBLE (Collaboration numérique), Cybersécurité, EDT (Engineering Digital Twins), IA (Intelligence Artificielle), ICCARE (Industries culturelles et créatives), MOBIDEC (Digitalisation et décarbonation des mobilités), NumEco (Numérique éco-responsable), NumPEx (Numérique pour l’Exascale), Réseaux du futur, Santé Numérique et VDBI (Ville Durable). 

Le 5 février, le programme Agroécologie et Numérique a proposé plusieurs interventions illustrant le rôle du numérique dans les transitions agricoles.

Conférence “Le numérique pour les transitions en agriculture”

La conférence du 5 février, assurée par Carole Caranta (Directrice générale déléguée science et innovation, INRAE), a posé le cadre en mettant en évidence le rôle central du numérique dans les transitions de l’agriculture vers des modèles plus durables, résilients et performants, face aux enjeux de compétitivité des filières agricoles et alimentaires, qui doivent combiner performance économique et environnementale dans un contexte de changement climatique.

Des exemples de solutions concrètes mobilisant le numérique à différentes étapes de la production agricole et de la gestion des exploitations, ont été présentés : génétique et amélioration des plantes et des animaux, détection précoce et surveillance des maladies, bien-être animal, gestion des ressources (sol, eau), usage sobre des intrants, suivi et optimisation des rendements, outil de formation pour les agriculteurs et agricultrices, automatisation et robotisation contribuant à réduire la pénibilité du travail.

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Keynote de Carole Caranta (Directrice générale déléguée science et innovation, INRAE) aux Trans Numériques 2026. © INRAE / PEPR AgroEcoNum

Session « Agroéquipements, agroécologie et IA »

La session a débuté par l'intervention de Philippe Martinet (Directeur de recherche, Inria) qui a présenté le projet NINSAR, qui vise à concevoir des systèmes multi-robots autonomes agissant à l’échelle de la plante pour réaliser des itinéraires techniques en s’appuyant sur des principes agroécologiques tels que les associations de cultures ou le « pixel farming ».

Florence Gondret (Directrice de recherce, INRAE) a ensuite mis en avant l’apport des capteurs, caméras et méthodes d’intelligence artificielle pour évaluer le bien-être animal, notamment dans le cadre du projet WAIT4, en lien avec la transition agroécologique et l'adaptation au changement climatique. L'objectif est de mesurer des indicateurs pertinents du bien-être animal et de développer de nouveaux agroéquipements sur ces quelques indicateurs. Les agroéquipements retenus permettront d'évaluer l'efficacité de changements de pratiques dans le cadre de la transition agroécologique et de définir des seuils d’alertes vis-à-vis de la résistance des animaux face aux aléas climatiques.

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Intervention de Florence Gondret (Directrice de recherche, INRAE) aux Trans Numériques 2026. © INRAE / PEPR AgroEcoNum

Guillaume Bocquet (Directeur des affaires réglementaires, AXEMA) a complété ces interventions en mettant en avant le potentiel des innovations en agroéquipements pour réduire la pénibilité du travail, limiter les risques et accompagner la transition agroécologique, tout en contribuant à l’amélioration de la productivité. Il a également souligné plusieurs freins à leur déploiement : le coût d’acquisition de ces technologies, le faible renouvellement du matériel agricole, les contraintes réglementaires, ainsi qu’une utilisation encore limitée des fonctionnalités numériques et une perception insuffisante de leurs bénéfices par les agriculteurs et agricultrices. Le manque de formation constitue également un obstacle important, l’ensemble de ces facteurs pesant sur l’adoption et l’acceptabilité de ces innovations.

Session « Les données et leurs utilisations en agroécologie » 

Enfin, la session « Les données et leurs utilisations en agroécologie » a mis en lumière le rôle stratégique des données pour l’agroécologie. Dino Ienco (Directeur de recherche, INRAE) a présenté le concept émergent de l'intelligence artificielle centrée sur les données, en insistant sur l’importance de leur qualité et de leur fiabilité. 

Bertrand Cloez (Directeur de recherche, INRAE) a illustré l’apport du numérique pour la gestion des prairies et des pâturages dans le cadre du projet AI-HERBAGE. Les données issues de capteurs embarqués et d’images satellites offrent des perspectives importantes pour améliorer la gestion des ressources, préserver la biodiversité et renforcer le bien-être animal. Leur exploitation soulève toutefois des défis scientifiques, notamment en matière de développement d’algorithmes adaptés à ces nouvelles sources de données.

Stéphane Lemarié (Directeur de recherche, INRAE) a apporté un éclairage en sciences sociales, notamment dans le cadre du projet CoEDiTAg. La présentation a abordé les conditions d’adoption des outils numériques par les agriculteur.trices et les enjeux économiques liés à l’organisation de l’offre de données et d'outils numériques.

Atelier prospective « Comment imaginer un futur possible et désirable ? »

Le PEPR avait proposé un atelier de prospective pour des doctorant.es. L'atelier a été conçu et animé par Annie Gentes et son équipe (CYU, projet LINDDA du PEPR). L’objectif : développer la capacité à se projeter dans des futurs désirables, croiser les cultures numériques et travailler en interdisciplinarité. Les scénarios ont exploré quatre grandes thématiques – biodiversité, eau, santé et alimentation – pour lesquelles une pensée systémique est nécessaire cherchant à appréhender les trajectoires et les conséquences possibles du numérique. Une vingtaine de doctorant.es des 13 PEPR ont partagé le fruit de leurs réflexions lors de la séance plénière de clôture des TransNumériques, en présence des représentants du SGPI.

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Restitution d'un atelier de prospective par les doctorants et doctorantes des PEPR pendant les Trans Numériques 2026. © INRAE / PEPR AgroEcoNum

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